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Ce jardin a longtemps hanté nos rêves
en changeant cent fois de visage.
Il nous fallait ici un jardin oisif, où le regard se repose et musarde. Un jardin où rien n'arrête la pensée vagabonde. Il fallait pouvoir méditer, laisser passer le temps. Tout est parti d'un arbre pleureur un peu incongru, mais à conserver absolument, qui interdit toute symétrie. Sans jamais oser prétendre à la mise en scène d'un jardin japonais, nous nous sommes inspirés d'un vieux livre d'estampes tout imprégné de sérénité. Nous avons transporté des montagnes, privilégié les feuillages et les couvre-sols, imaginé l'eau qui nous fait défaut et enfin choisi quelques plantes à fleurs: camélia, prunus cistena, magnolia, azalées, pivoine arbustive et l'étonnant prunus incisa "Kojo No Mai". Les grands hydrangéas ont conservé l'ombre protectrice du frêne qui les abrite du soleil d'été. Sous le noyer, quelques cultivars japonais préludent à une collection: hydrangea serrata Kiyosumi , Kurenai Nishiki,... Sur la terrasse en contrebas trois petits poissons énigmatiques montent des profondeurs. Attention ! Ne vous penchez pas ! Souvenez-vous de Narcisse: «mon âme ainsi se perd dans sa propre fôret...» C'est
l'heure de l'Epreuve. Les poissons sont les Sphinx de ce jardin. N'écoutons
pas leur question muette et allons de l'avant. |
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